Logo de l'Institut national de la santé et de la recherche médicaleL’Inserm a réalisé une étude dirigée notamment par Raphaël Moriez, neuro-gastroentérologue. Raphaël Moriez explique qu’il existe une sorte de « mini-cerveau » au niveau du système digestif, qui régule ce qui se passe dans notre transit. Aucune étude n’avait préalablement été faite sur l’implication de ces neurones dans l’obésité. C’est chose faite, et les résultats sont surprenants.

Un réseau neuronal existe tout au long du système digestif, de l’œsophage au rectum. Celui-ci régule par exemple la vidange gastrique, le sentiment de satiété, la barrière contre des agents pathogènes, et bien d’autres éléments liés à l’alimentation. Il a été constaté que les personnes atteintes d’obésité avaient une vidange gastrique plus rapide.

En réalisant une vidange gastrique trop rapide, les aliments sont expulsés trop rapidement de l’estomac, et le sentiment de satiété n’a pas le temps de se déclarer. Ainsi, une personne ayant une vidange gastrique rapide va avoir de nouveau faim plus tôt et va vouloir remanger.

Comme ce réseau neuronal régule cette vidange, a-t-il un rôle dans l’obésité ?

Le chercheur a alors procédé à des tests sur des souris. Une partie des souris a suivi un régime important en graisse et en sucre qui amène logiquement à l’obésité, l’autre partie suivit un régime normal. Il a été remarqué que les souris qui suivaient le régime gras faisaient une vidange plus rapide que les autres. En étudiant le mini-cerveau, il s’est avéré que la mauvaise nutrition le reprogrammait. En effet, les neurones des souris saines meurent au fur et à mesure, ce qui ralentit cette vidange. Les souris malades voyaient, quand à elles, leurs neurones rester en vie, et donc la vidange gastrique restait accélérée.

Bien entendu, ce réseau neuronal n’est impliqué dans l’obésité que si une alimentation mauvaise est appliquée chez la personne. Il n’est pas la cause de l’obésité, mais il en accélère les dégâts. Il faut donc bien faire attention à son alimentation assez tôt, afin que ce mini cerveau évolue correctement et n’aggrave pas l’obésité.

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