Une étude publiée sur le site de L’Institut de Veille Sanitaire (INVS) s’est fixée pour objectif de décrire la prévalence de l’obésité et de la maigreur chez les personnes âgées à domicile en France et d’étudier leur association avec la perte d’autonomie. En voici les principaux résultats.

En s’appuyant sur les données recueillies lors de l’enquête nationale Handicap-Santé, volet « ménages » (2008), l’étude a analysé les données sociodémographiques, anthropométriques et les restrictions d’activité de la vie quotidienne, ainsi fournies. Les relations entre catégories d’indice de masse corporelle (IMC) et perte d’autonomie (au moins une restriction d’activité) ont été analysées par des régressions logistiques multivariées ajustées sur les caractéristiques sociodémographiques.

4296 personnes résidantes en France métropolitaine et dans les DOM de plus de 75 ans ont été analysées. Les femmes (2722) étaient plus nombreuses que les hommes (1574). Globalement, les femmes étaient plus âgées et vivaient plus fréquemment seules. Leur niveau scolaire était moins élevé, de même que leurs revenus. En outre, elles déclaraient plus fréquemment des maladies chroniques au cours des 12 mois précédant l’étude. Les fréquences de consommation des groupes d’aliments ne différaient pas selon le sexe.

Importance du surpoids et de l’obésité chez les seniors

Pour la maigreur, il en ressort que :

  • La prévalence de la maigreur (IMC inférieur à 21) s’élève à 14,9%.
  • Elle est plus élevée chez les femmes (19,6%) que chez les hommes (7,6%)
  • Elle augmente avec l’âge

Quant à l’obésité (IMC supérieur à 30) :

  • Sa prévalence est de 14,6%
  • Elle diminue avec l’âge,
  • lorsque le niveau scolaire augmente
  • ou lorsque les revenus du ménage augmente, mais uniquement chez les femmes

Il apparaît que les femmes sont plus souvent en perte d’autonomie et sortent moins fréquemment du domicile que les hommes.

Les femmes plus touchées que les hommes

Chez les hommes, le risque de perte d’autonomie est augmenté chez les sujets maigres ou obèses (par rapport à ceux ayant une corpulence normale).

Chez les femmes, ce risque augmente en cas de surpoids (IMC compris entre 25 et 30) ou d’obésité, en comparaison avec les sujets ayant une corpulence normale.

Les effets de l’obésité apparaissent plus marqués chez les femmes que chez les hommes, probablement en raison d’un risque plus élevé, en cas de surcharge pondérale, de développement d’une arthrose (dégénérescence du cartilage des articulations sans infection ni inflammation particulière) ou de troubles articulaires et d’une plus grande sensibilité aux retentissements psychologiques de l’obésité. Par ailleurs, le fait qu’elles possèdent proportionnellement davantage de masse grasse que les hommes et que le risque de perte d’autonomie augmente avec la proportion de masse grasse, serait un autre facteur expliquant que l’association soit plus marquée chez les femmes.

Bref, obésité et maigreur sont fréquentes parmi les personnes âgées à domicile et s’accompagnent d’un risque accru de perte d’autonomie.

Source : Maigreur, obésité et perte d’autonomie chez les personnes âgées à domicile en France. L’enquête nationale Handicap-Santé volet « ménages », 2008, INVS, 22 octobre 2013


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