« Les personnes qui boivent régulièrement du soda ont une prise de poids significative et tendent plus facilement vers l’obésité que celles qui ne consomment ces boissons que de manière occasionnelle ». Cela fait partie des effets néfastes des boissons sucrées avec l’augmentation du risque de cancer, de diabète, d’asthme, etc. Mais alors taxer ces boissons serait-il une solution pour améliorer la santé publique en général, et agir sur l’obésité en particulier ? Une étude anglaise apporte des éléments de réponse.

Une équipe de chercheurs des Universités de Reading et d’Oxford vient donc de livrer ses conclusions dans le British Medical Journal.

A partir d’un modèle statistique mis au point pour les besoins de l’étude, ils ont estimé les effets d’une taxe sur les boissons sucrées sur l’obésité, en évaluant les effets d’une augmentation de la taxe sur les achats, les effets de la variation des achats sur la quantité de calories journalières, et les effets de l’évolution de ces apports sur l’IMC.

Dans un pays (le Royaume-Uni) où 26% de la population est obèse, chaque personne y consomme 123 ml de sodas tous les jours, soit un apport journalier de 50 calories. Les jeunes sont les plus gros consommateurs avec un apport calorique de 107 calories par jour, tandis que les plus de 50 ans en consomment nettement moins. Il existe également des disparités en fonction des revenus.

Pour une taxe à 20% sur les boissons sucrées

Selon les résultats de l’étude, une taxation des boissons sucrée et sodas à hauteur de 20% permettrait une réduction de la consommation de ces boissons de 15% (soit 4 calories de moins par jour et par personne, soit une baisse de l’IMC de 0,23 point), et une baisse de 180.000 (fourchette de 110.000 à 247.000) du nombre d’adultes en situation d’obésité au Royaume-Uni (ce qui représente 1,3% du nombre d’obèses au RU), et de 285.000 (fourchette de 201.000 à 364.000) du nombre d’adultes obèses et en surpoids (0,9% de cette population).

En outre, selon le modèle statistique (qui a ses limites, mais qui vise simplement à donner des ordres de grandeur), les résultats seraient particulièrement visibles chez les 16-29 ans, chez qui la diminution des obèses pourrait être de 2,1%. A l’inverse, les effets d’une telle taxation serait marginale chez les plus de 50 ans, du fait de leur plus faible consommation de boissons sucrées.

En France

Rappelons qu’en France, un taxe sur les sodas a été mise en place (0,077€/litre) ; sur les boissons énergisantes (Red Bull…), une taxe plus importante a été votée à 1€/litre. Effets à suivre…

Source : Overall and income specific effect on prevalence of overweight and obesity of 20% sugar sweetened drink tax in UK: econometric and comparative risk assessment modelling study, BMJ, 31 octobre 2013


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