Manger sous le coup de l’émotion fait grossirLancée en 2009, l’étude NutriNet Santé a pour objectif, sous la direction du professeur Serge Hercberg, de mieux évaluer les relations entre la santé et la nutrition. Plus de 200.000 « nutrinautes » se sont inscrits sur le site de l’étude financée par le Ministère de la santé et des sports, l’INPES, l’InVS, l’Université Paris 13, l’INSERM, l’INRA, le Cnam et la Fondation pour la recherche médicale.

Elle vient de mettre en avant 3 points :

  • Manger sous le coup de l’émotion est un comportement « banal », particulièrement chez les femmes et chez les personnes respectant un régime pour maigrir
  • Manger sous le coup de l’émotion est corrélé à un risque plus élevé d’être en surpoids
  • Cette association est particulièrement forte chez les femmes, surtout chez celles qui n’ont jamais fait de régime amaigrissant

Explications.

Sandrine Péneau (Maître de Conférences Université Paris 13 et membre de l’équipe de coordination de l’étude NutriNet-Santé) a plus spécifiquement étudié le fait de manger sous le coup de l’émotion et son lien avec le surpoids, en s’appuyant sur un échantillon de plus de 35.000 adultes. Son étude vient de faire l’objet d’une publication dans la revue scientifique « American Journal of Clinical Nutrition ».

Les femmes plus que les hommes.

Il ressort de l’étude que les femmes sont davantage disposées à manger sous le coup de l’émotion. Ainsi, 20% des hommes et 52% des femmes révélaient une forte émotionalité alimentaire.

En cas de régime pour perdre du poids

Autre élément fourni par l’étude : celles et ceux qui suivent un régime amaigrissant sont davantage exposés à l’émotionalité alimentaire. De fait, 71% des personnes suivant un régime présentent une forte émotionalité alimentaire, contre 58% pour celles qui ont suivi un régime (mais n’en suivent actuellement pas) et 35% pour celles qui n’en ont pas suivi.

Emotionalité alimentaire et surpoids

Les personnes ayant davantage tendance à manger sous le coup de l’émotion avaient plus de risque d’être en surpoids que les autres.

Chez les femmes n’ayant jamais fait de régime

L’association entre émotionalité alimentaire et surpoids est la plus élevée chez les femmes n’ayant jamais suivi de régime. De fait, la probabilité de présenter un surpoids était 5 fois plus élevée chez les femmes affirmant manger fréquemment sous le coup de l’émotion, en comparaison avec celles pour lesquelles cela n’était jamais le cas.

Chez les hommes

La probabilité d’être en surpoids était environ 2 fois plus élevée chez les hommes déclarant manger fréquemment sous le coup de l’émotion par rapport à ceux pour qui cela n’était jamais le cas, que ces hommes aient suivi, ou non, un régime pour perdre du poids.

Conclusions

Les femmes et les personnes suivant un régime présentent une tendance plus élevée à manger sous le coup de l’émotion.
Pour elles, le risque d’être en surpoids est plus élevé.

 

 

Sources :

  • Communiqué de Presse de la coordination de l’étude NutriNet-Santé [PDF], 10 avril 2013, à l’occasion de l’article paru dans l’American Journal of Clinical Nutrition mettant en évidence, dans la cohorte NutriNet-Santé, que manger sous le coup de l’émotion est associé à un risque de surpoids plus important
  • Etude : Gender and dieting modify the association between emotional eating and weight status par Sandrine Péneau, Estelle Ménard, Caroline Méjean, France Bellisle et Serge Hercberg, American Journal of Clinical Nutrition, Avril 2013

 

 

Image : CC Flickr/C H A R L S

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