Existe-t-il un lien entre le nombre d’établissements de restauration rapide (fast-food) McDonald’s et le taux d’obésité ? Est-il vrai que plus il y a de McDo dans un pays, plus le taux d’obésité est élevé ? Si beaucoup auraient tendance à répondre « oui », une équipe de chercheurs s’est posé la question et y a répondu avec méthode. Voici leurs conclusions.

McDonald’s, une entreprise mondiale

Depuis sa création en 1940, la chaîne de restauration rapide McDonald’s n’a cessé de s’étendre à l’échelle de la planète entière. Ainsi, aujourd’hui, l’enseigne de fast food est présente dans 119 pays, délivrant chaque jour 68 millions de clients, servis pas 1,8 millions employés dans plus de 34.000 établissements. En France, il y en a plus de 1200.

La densité de McDo varie selon les pays

Pour mener à bien leur étude publiée dans Journal of Internal Medecine, l’équipe de médecins de l’hôpital Avicenne à Bobigny s’est concentrée sur 44 pays (les 20 plus peuplés du globe, les 5 plus peuplés de chaque continent) représentant les 3 quarts de la population mondiale, et 95% des établissements McDonald’s au monde.

Pour chaque pays, a été calculé le nombre de restaurants pour un million d’habitants (soit entre 0 et 45 aux Etats-Unis). Les pays ont ainsi pu être répartis en différents groupes en fonction de leur densité d’établissement. Dans le groupe de ceux ayant un nombre important de McDonald’s rapporté à leur population, figurent les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la France, etc. (plus de 20 McDo par million d’habitants).
Ces données ont ensuite été comparées aux taux d’obésité par groupes de pays.

Plus il y a d’établissements McDonald’s, plus le taux d’obésité est élevé

L’équipe de médecin a ainsi pu observer une corrélation très nette entre le taux d’obésité et la densité des établissements de restauration rapide.

Ainsi, le taux d’obésité est inférieur à 5% dans les pays où la densité des McDonald’s est faible. A l’inverse, il est souvent supérieur à 20% lorsque la densité des McDo est élevée.

La densité des McDonald’s n’est pas le seul facteur

Il serait bien entendu réducteur de faire porter le poids de l’obésité sur la seule densité d’établissements de fast-food. Sur ce site, nous avons déjà relayé de nombreuses études qui mettaient en avant certaines causes du surpoids et de l’obésité. Sans compter qu’avoir une approche globale pour un pays est sans doute insuffisant : des facteurs géographiques (villes vs campagnes) ou socio-économiques sont aussi à prendre en compte.

Ceci dit, l’étude doit tout de même faire prendre conscience que le lien entre la densité de McDonald’s et le taux d’obésité est suffisamment fort pour montrer que l’implantation de chaînes de restauration rapide, qui entrent rapidement dans les modes de vie, peut avoir des conséquences sur le poids des populations. On se souvient d’ailleurs qu’habiter près d’un fast-food n’est pas bon pour la ligne

 

Source : Worldwide relation between the number of McDonald’s restaurants and the prevalence of obesity, Journal of Internal Medicine, 4 septembre 2013, DOI: 10.1111/joim.12126

(c) Can Stock Photo

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