Drapeau des Etats-Unis d'AmériqueAux Etats-Unis, avec 200.000 morts chaque année, l’obésité tue moins que le tabac, mais plus que l’alcool ou les accidents de la route. Elle représente 10 % du total des dépenses médicales (147 milliards de dollars tout de même).

Ces chiffres risquent d’augmenter : les Etats-Unis font face à une augmentation de l’obésité. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution :

  • L’ « American Way of Life » est fondé sur la consommation et le progrès technique, ce qui induit une baisse de l’activité physique. Pensons aux ascenseurs, aux escaliers mécaniques ou encore aux couteaux électriques…Ainsi, le temps économisé sur les tâches ménagères (vaisselle, nettoyage… grâce aux aspirateurs, aux laves-linge, aux laves-vaisselle, etc.), consommatrices de calories, est utilisé pour se mettre devant un écran ou assis sur un siège de voiture.
  • On en vient à la 2ème explication : le développement des villes (les centres-villes devenus trop chers se sont vus désertés au profit d’une périphérie toujours plus lointaine) accroît la dépendance à la voiture. Qui dit travailler dit très souvent prendre sa voiture…
  • On estime qu’un Étasunien passe 10 heures chaque semaine derrière son volant (alors chaque heure passée chaque jour en voiture augmente le risque d’obésité de 6%)… ce qui pèse relativement peu face aux 40 heures hebdomadaires passées devant la télévision, laquelle n’incite pas à bouger.
  • Pire, les programmes et les publicités orientent les habitudes des consommateurs, notamment les jeunes (qui influencent leurs parents dans les achats), vers la surconsommation alimentaire (nouveaux produits incitant à la découverte permanente, agriculture intensive ayant permis de baisser les prix de certains produits du coup accessibles à un plus grand nombre, produits transformés plus caloriques moins chers que les produits plus sains, coût relativement moins élevé des grands formats [or on a tendance a plus manger quand on est devant beaucoup de nourriture]).

Mais comment faire ? Difficile de réagir face à chacun de ces points et contrer, à l’échelle individuelle, l’urbanisme de la ville dans laquelle on habite. Le gouvernement a pris des mesures :

Ceci dit, chacun peut chercher à repenser son mode de vie :

  • réflexion sur ce que l’on mange : limitation du nombre de repas, établissement de menus (et donc de listes de courses pour n’acheter que ce dont on a besoin), préparation du repas avant d’avoir faim, choix d’aliments moins caloriques (de l’eau plutôt que du soda par exemple)
  • organisation de son temps libre (télévision ou activité physique, télévision ou sommeil ?) et de sa vie privée (des repas à heures régulières d’au moins 15 minutes en famille et sans télévision)

Les Etats-Unis sont malheureusement précurseurs en matière de développement de l’obésité. Et, malheureusement encore, leur modèle s’exporte, et pas seulement dans les pays développés. La voiture, la télévision, l’électroménager, les chaînes de fast-food inondent de plus en plus de pays : Mexique, Afrique du Sud, Brésil, Inde, Chine, Niger, Namibie…

Une réflexion au sujet de « L’obésité, un mal planétaire »

  1. À bien y réfléchir, il y a tout de même un paradoxe dans la société américaine. On la dit, à raison, victime d’une obésité démesurée alors même que les lycées et les universités poussent énormément de jeunes à pratiquer des activités sportives.

    Je pense que la société de consommation que les États-unis ont vu grandir pèse ainsi plus lourd dans la balance que les bonnes habitudes des sportifs. Fast food à toute heure du jour et de la nuit, nourriture à tous les coins de rue, et souvent à des prix dérisoires, cela ne fait pas bon ménage.

    Merci pour votre article, il est très pertinent !