En période de tristesse, de déprime ou dépression, de mal-être, l’être humain est plus attiré par les aliments gras. Mais pourquoi ?

Une étude l’Université de Louvain (Belgique) éclaire sur le mécanisme en œuvre : cette attirance est plus une réponse à notre métabolisme qu’une question de plaisir ou de compensation.

L’étude

L’étude dirigée par le Dr Lukas Van Oudenhove a consisté à introduire directement dans l’estomac des participantes non obèses (par perfusion intragastrique) des graisses. Ainsi, le gras ne passait pas par la bouche, enlevant la sensation gustative.

L’étude a été menée alors que ces femmes vivaient des moments de tristesse. Les changements au niveau du cerveau étaient mesurés par IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle).

Chacune des participants a passé 4 IRMf de 40 minutes, à plusieurs jours d’intervalle. Durant les 40 minutes, des scores de bonheur, de faim, de nausée et d’humeur ont été enregistrés, alors que les participantes ont reçu une perfusion intragastrique.

Les résultats


Il ressort de l’étude que la perfusion intragastrique d’une solution à base de matières grasses a fait diminuer assez significativement les réponses du comportement et des neurones aux émotions tristes. Les chercheurs ont ainsi mis en avant le rôle des lipides dans l’émotion grâce auxquels tous les scores d’humeur s’améliorent.

Il apparaît enfin que ce phénomène est indépendant du plaisir gustatif : ce n’est pas le fait de manger gras qui remonte le moral, mais le gras lui-même !

 

Source : Lukas Van Oudenhove et al., Fatty acid–induced gut-brain signaling attenuates neural and behavioral effects of sad emotion in humans, Journal of Clinical Investigations, 25 juillet 2011, http://www.jci.org/articles/view/46380

Journal of Clinical Investigation

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