Femme repassant des chemisesSelon une étude publiée dans Plos-One, la baisse du temps dédié aux tâches ménagères est un facteur d’explication de l’augmentation de l’obésité chez les femmes. De fait, force est de reconnaître que ce sont les femmes qui assurent, en général, la plus grande part des tâches domestiques. Or les femmes réduisent leurs dépenses énergétiques à cette occasion. Analyse.

Des explications sont fournies par des scientifiques américains qui ont étudié l’évolution sur 45 ans des dépenses énergétiques chez les femmes aux États-Unis. Ces chercheurs ont évalué les activités quotidiennes des femmes entre 1965 et 2010 en estimant à chaque fois la dépense énergétique associée. Ils ont ainsi obtenu le nombre de calories brûlées chaque jour par une femme aux États-Unis pour les tâches ménagères (ménage, repassage, aspirateur, cuisine, garde des enfants, etc.).

Quelques chiffres

Dans les années 1960, les femmes passaient 26 heures, chaque semaine, pour effectuer les tâches domestiques (33 heures pour les femmes ne travaillant pas, 17 heures pour les autres). En 2010, elles y consacraient 13 heures (16,5 heures pour les femmes au foyer, 10 heures pour les autres). Bref, le temps a été diminué de moitié.

En terme de dépense énergétique, dans les années 1960, une femme au foyer brûlait plus de 6000 kcal par semaine pour ses tâches domestiques. Ce chiffre est tombé à environ 3500 kcal en 2010, soit une diminution de 40%. Or, dans le même temps, le temps passé devant la télévision a fortement cru : de 8,3 heures hebdomadaires en 1965 à 16,5 heures en 2010 !

Reconnaissons toutefois que l’activité physique de loisir a progressé, passant d’une heure hebdomadaire à 2,3 h (en kcal : de 324 à 796).

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution.

Le développement technologique (lave-vaisselle, lave-linge…) a permis aux femmes de consacrer moins de temps aux tâches ménagères, tout comme l’offre croissante en matière de plats préparés (et de fast food), en lien avec le four à micro-ondes.

Ensuite, les femmes sont plus présentes dans le monde du travail, réduisant le temps qu’elles peuvent consacrer aux tâches domestiques.

Les conclusions

Bref, le mode de vie des femmes est un facteur d’explication du développement de l’obésité et du surpoids. Pas question, ici, de critiquer en bloc cette évolution (les femmes travaillent plus, la diminution en soi du temps consacré aux tâches ménagères n’est pas négative). Mais force est de reconnaitre que l’étude met en avant l’importance de brûler les calories que l’on consomme (pas forcément en faisant son ménage, mais en ayant une activité physique), et ne pas avoir trop d’activités sédentaires (télévision…).

 

Source : 45-Year Trends in Women’s Use of Time and Household Management Energy Expenditure, Edward Archer (dir.), Department of Exercise Science, Arnold School of Public Health, University of South Carolina, Columbia, South Carolina, United States of America, www.plosone.org

Image : CC Flick/I .. C .. U

Une réflexion au sujet de « Obésité féminine : la baisse des tâches ménagères en cause ? »

  1. Cet article m’interpelle, la femme des années 60 avait en effet des tâches domestiques beaucoup plus pénibles et physiques que de nos jours.
    Elle faisait tout uniquement par la force de ses bras.
    Aujourd’hui nous vivons dans une société de confort, de facilités certes utiles et fonctionnelles mais qui joue tout de même sur notre santé en termes de poids comme le souligne très bien ce texte.