Le phénomène de l’obésité n’est pas nouveau ; ce qui l’est, c’est l’expansion rapide que connaît la maladie. Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, ses origines ne sont pas à chercher simplement dans le régime alimentaire : elles peuvent être aussi bien héréditaires (1/3 de la population obèse) qu’économiques, tout le monde n’ayant pas les moyens de s’alimenter correctement.

Toujours est-il que ce mal est vicieux puisqu’il sévit sur un double tableau :

  • sur le plan de la santé, évidemment, où ses conséquences peuvent être graves : maladies cardio-vasculaires, insuffisances respiratoires, dégénérescence accélérée de votre colonne vertébrale, calculs vésiculaires…
  • au niveau de l’intégration sociale également pour laquelle elle peut être un handicap : moquerie, regard des autres, manque de confiance en soi, difficultés à s’habiller…

C’est bien de handicap dont il est question ici. Vous trouvez le terme un peu fort ?

Obésité et handicap : un sujet de société

Aircraft cabineLe handicap est d’abord physique, les gestes les plus simples de la vie quotidienne pouvant devenir des défis. Et la société n’aide pas toujours puisque le simple fait de prendre l’avion peut poser problème : on se souvient tous d’Air France qui avait obligé un passager obèse à payer deux sièges au lieu d’un. La compagnie low cost Ryanair a d’ailleurs émis l’idée de surtaxer ses clients les plus corpulents, avant de l’abandonner. Les déplacements sont moins évidents au quotidien, la mobilité s’en trouve largement réduite.

De la même manière dans le monde professionnel, les arrêts de travail plus fréquents pour cause de maladie ont tendance à freiner les employeurs potentiels, quand ces derniers ne s’arrêtent pas aux standards esthétiques. L’obésité est même illégale dans les entreprises au Japon ! Une discrimination qui semble d’autant plus importante qu’on est une femme…

Et la discrimination s’étend bien évidemment à l’ensemble d’une société où l’idéal minceur fait des ravages. C’est ici que le handicap devient psychologique, avec le développement de dépressions. L’obésité est donc un problème à appréhender dans son ensemble, sans se limiter au simple aspect alimentaire.

Il est cependant important de nuancer ces propos. L’obésité diverge du handicap sur un point important, si ce n’est majeur : elle n’est pas forcément une fatalité, il vous est possible de vivre avec mais surtout d’en sortir. D’autres l’ont fait avant vous, et une fois votre défi remporté, vous en inspirerez beaucoup d’autres après vous.

Les accessoires indispensables pour améliorer votre quotidien

Le monde moderne n’est pas des plus adaptés aux individus en surpoids. Heureusement les fabricants, eux, s’adaptent et proposent toute une gamme d’appareils sur mesure.

Par exemple des lits électriques adaptés rendront votre sommeil des plus agréables. Possédant une capacité variant entre 159 et 227 kg, la largeur est également prise en compte puisqu’elle oscille entre 90 et 135 cm afin de répondre au plus grand nombre. Un trapèze peut également être ajouté à la tête du lit. Accessoire indispensable, il vous permettra de vous lever plus facilement.

D’autres accessoires sont utiles pour la continence, certaines personnes ne pouvant accéder facilement à leurs parties génitales. Et il faut avouer que les toilettes, avec leur hauteur de 35 à 43 cm, peuvent poser des difficultés. Ainsi il existe des urinoirs antireflux à la fois pour homme et femme : bien pratiques avec leurs coupoles facilitant l’introduction du sexe. Pour s’essuyer, il existe également des pinces au bout desquelles on ajoute une lingette. Enfin des bassines bariatriques sont également utilisées, préférez cependant un modèle en matière synthétique plutôt qu’une  bassine standard en métal

Maigrir : un défi à votre portée

Au fur et à mesure que l’obésité s’étend, les recherches avancent sur ce fléau. Et des solutions sont à votre portée.  L’une d’elles fait débat aujourd’hui : les régimes alimentaires. Il est reconnu par tous qu’une limitation excessive de l’alimentation ne sert à rien, le poids perdu étant récupéré sous 3 ans. Il ne faut en effet pas confondre privation et rééducation alimentaire. Il est surtout question ici de réapprendre à manger correctement. Sont ainsi à proscrire les régimes :

  • sur-protéinés et sans légumes
  • qui excluent les matières grasses
  • qui excluent une ou plusieurs familles d’aliments
  • dits « détox », qui bannissent la viande et les féculents
  • hypocaloriques ou trop restrictifs

Le mieux est d’aller consulter un spécialiste qui, au fur et à mesure de vos entretiens, vous indiquera les écarts à ne pas commettre pour ne pas être victime de l’effet « yoyo ».  Après avoir évalué vos troubles alimentaires, votre environnement social et autres troubles pouvant être responsables de votre surpoids, il vous indiquera la meilleure démarche et vous apportera le soutien psychologique nécessaire.

L’aspect psychologique est fondamental. Le combat contre l’obésité est d’abord un combat contre les idées reçues : l’alimentation est elle même la conséquence de causes psychologiques plus profondes. C’est pour cela que nombre de professionnels de la santé ont recours à de nouveaux moyens comme à la thérapie biopsychosensorielle (cherchant à vous éloigner de vos a priori sur certains aliments notamment), les thérapies cognitivo-comportementales et leur volet de thérapie émotionnelle ou encore aux approches psychodynamique et corporelle…

L’exercice physique n’est pas toujours évident dans ces situations. Cependant les activités aquatiques peuvent vous changer la vie : l’eau ne fait pas de discriminations puisqu’elle vous libère de votre poids ! Vos gestes seront plus aisés et l’ensemble du corps travaillera. Les professionnels confirment que plus que l’aspect visible, ce sont les muscles profonds, invisibles, qu’il faut absolument prioriser à l’aide d’exercices simples.

Des solutions plus radicales existent, comme les opérations chirurgicales. Bien qu’extrêmement efficaces, elles ne constituent cependant pas une solution miracle : il vous faudra adopter une meilleure hygiène de vie. De plus, elles ne sont pas adaptées à tous.

Bref, l’obésité présente de nombreuses similitudes avec le handicap, et mérite largement d’être reconnue en tant que tel par le monde du travail notamment. Cependant, vivre avec est parfaitement possible. S’en débarrasser est certes difficile, mais pas impossible. Certains l’ont fait, alors pourquoi pas vous ?

 

cyrilleArticle rédigé par Cyrille Gawlowski de Malea

 

 

 

 

 

3 réflexions au sujet de « Que dois-je faire quand mon obésité devient un handicap ? »

  1. Handicap, je trouve ce terme tout à fait adéquat.
    Il s’agit bien d’handicap, cet article me parle Mr Gawlowski vous d’écrivez avec précision toutes ces difficultés lié à l’obésité.
    Ce texte met en évidence la souffrance de la vie quotidienne des obèses.
    Bel article!!!