fritesLes périodes de crise sont propices à propager un sentiment d’anxiété. Or, ce sentiment inciterait à consommer des aliments plus caloriques.

On sait que le stress influe sur les comportements alimentaires, ce qui peut induire, chez certains, une prise ou une perte de poids. Or, plus largement, des chercheurs viennent de montrer que recevoir des messages pessimistes/négatifs a pour conséquence de manger plus. Autrement dit, la crise et tous les problèmes qui lui sont liés et véhiculés par les médias, seraient un facteur de prise de poids, pouvant mener au surpoids ou à l’obésité.

Juliano Laran et Anthony Salerno (Université de Miami) posent la question dans un article publié dans Psychological Science. Les deux chercheurs s’interrogent pour déterminer si la perception qu’ont les individus de leur environnement influence leurs choix alimentaires.

Les liens entre crise et alimentation

Les chercheurs ont constitué deux panels et leur ont montré des posters sur lesquels figuraient des termes neutres ou connotés négativement. Les individus du panel exposé aux mots négatifs ont plus mangé que ceux de l’autre groupe. Ils ont aussi choisi des aliments plus gras.

Bref, plus l’environnement actuel est difficile (crise économique, adversité dans la vie quotidienne…), plus les gens pensent que les ressources mondiales se raréfient. En conséquence de quoi, les consommateurs se tournent vers des aliments plus riches en calories, qui devraient les sustenter plus longtemps… A l’inverse, un environnement et un futur ressentis comme plus sereins favorisent des comportements alimentaires plus sains.

Le choix s’explique par la recherche d’aliments qui permettent au sentiment de faim de revenir le plus tard possible. Bref, ce n’est pas le plaisir gustatif qui l’emporte, comme on l’avait déjà vu pour les aliments gras.

Classes sociales et surpoids

Ces résultats permettent de fournir des explications quant à la propension des classes sociales les moins favorisées à se retrouver en situation de surpoids ou d’obésité : elles sont en effet les premières exposées aux crises et connaissent même (hors période de crise) un environnement difficile

Ceci dit, il a aussi été observé que face à une trop grande abondance d’aliments, les individus pouvaient aussi plus manger, car leur comportement était perturbé par cette surabondance !

 

Source : Life-History Strategy, Food Choice, and Caloric Consumption (PDF), Psychological Science OnlineFirst, 9 janvier 2013

Image : CC Flickr/Renée S.

2 réflexions au sujet de « A-t-on plus envie de manger en période de crise ? »

  1. La conjoncture actuel peut en effet avoir un impact sur notre consommation alimentaire.
    Nous vivons une période de crise sans précédent et évidemment les premières victimes sont les personnes les plus défavorisées.
    Les évènements négatifs que l’on peut subir, le stress jouent un rôle sur notre manière de nous nourrir.
    En se réfugiant dans ces aliments gras, sucrés on éprouve cette sensation de bien-être pourtant si néfastes sur la santé .
    Je terminerai sur une note positive nous pouvons changer nos mauvaises habitudes et garder espoir d’une meilleur vie.

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