Se souvenir d’un repas copieux peut avoir des conséquences sur son alimentation : évoquer ce type de souvenir peut provoquer un sentiment de satiété ! Et prendre le temps de manger permet également d’éviter d’avoir des apports alimentaires trop importants. Ce sont les résultats de plusieurs études.

Le rôle de la mémoire dans la sensation de faim

De fait, ce n’est pas la quantité d’aliments ingérés réelle qui provoque la faim ou la satiété, mais celle qui est perçue. En cause : un processus de mémoire récente, au niveau de l’hippocampe (structure du cerveau qui joue un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale).

Et, cette fois, le protocole de l’expérience qui a mis en avant ce processus, est amusant. Certains des 100 sujets de l’étude se sont vus proposer un grand bol de soupe (un demi-litre), et les autres une quantité nettement inférieure.

Il ressort que 2 à 3 heures après le repas, la sensation de faim du 1er groupe est très nettement inférieure à celle du 2ème (qui s’est vu servir moins de soupe). Ceci semble logique (ceux qui ont moins mangé ont faim plus tôt)… Mais les participants qui s’étaient vu servir un grand bol de soupe ne se sont pas rendus compte qu’une pompe secrète en avait siphonné une bonne partie : ce n’est pas 500 ml de soupe que ces participants ont mangé, mais 300, soit la quantité proposée au 2ème groupe.

Ainsi, la sensation de faim diffère dans les deux groupes, alors que la quantité réelle de nourriture ingérée est la même, mais que la quantité perçue est différente.

Bref, la perception de ce que l’on mange est importante pour ressentir le sentiment de satiété (d’ailleurs, nous vous avions déjà conseillé d’utiliser des plus petites assiettes pour leurrer le cerveau).

Prendre le temps de manger pour contrôler son apport alimentaire

Dans le même ordre idée, une méta-analyse menée par l’Université de Liverpool rappelle l’importance de manger tranquillement : en faisant attention à ce que l’on ingère, on contrôle mieux son alimentation. Et oui : le souvenir d’avoir mangé à sa faim et d’un repas copieux permet de limiter l’apport alimentaire lors du repas qui suit !

Les principales observations du Dr Eric Robinson se résument ainsi :

  • Améliorer « la mémoire » de la nourriture consommée réduit l’apport alimentaire,
  • Supprimer les informations visuelles sur la quantité d’aliments consommés lors d’un repas a pour conséquence une augmentation immédiate de la consommation 

Bref, le souvenir de repas un sentiment de satiété diminue la quantité de nourriture ingérée par la suite, tandis qu’un repas au cours duquel on fait peu attention à ce que l’on mange risque d’avoir pour conséquence une augmentation de la prise alimentaire par la suite

 

Sources :

  • Episodic Memory and Appetite Regulation in Humans, Jeffrey M. Brunstrom (dir.), Nutrition and Behaviour Unit, School of Experimental Psychology, University of Bristol, Bristol, United Kingdom, www.plosone.org
  • Eating attentively: a systematic review and meta-analysis of the effect of food intake memory and awareness on eating, Eric Robinson (dir.), The American Journal of Clinical Nutrition, avril 2013, ajcn.nutrition.org

 

Image : CC Flickr/ Parker Knight

Une réflexion au sujet de « Utiliser sa mémoire pour contrer la faim »

  1. C’est tout à fait exact, j’avais pour habitude de servir des assiettes bien trop généreuses.
    En appliquant vos conseils, j’utilise des assiettes plus petites, mes enfants ne se sentent pas frustrés par ce changement.
    Cela m’a permis également de faire moins de gaspillage et perso je prends mes repas plus sereinement, je les savoure aujourd’hui.
    Merci pour vos précieux conseils.